L’hiver est une saison propice pour découvrir la montagne sous un autre jour. Le manteau neigeux rend certains lieux moins accessibles sans équipement, il faut donc chausser les raquettes pour partir à l’aventure dans des endroits sauvages. Le roc du Scaramus est un sommet connu des Pyrénées Ariègeoises, il est possible de faire une sortie accompagnée d’un guide lors d’un week-end afin de s’écarter des sentiers battus. Je vous propose un récit immersif de mes deux jours totalement isolés de la civilisation, avec une nuit sous les étoiles dans une cabane pastorale. 

Raquettes au roc de Scaramus ©Wildroad
Raquettes au roc de Scaramus ©Wildroad – Ariège Pyrénées

Départ depuis le col de Marmare 

C’est ici, au niveau du parking du col de Marmare, que se trouve le début de la randonnée populaire du Pla de Sept Cases. Après avoir rejoint Loïc mon guide pour ces deux jours, nous répartissons le poids de nos vivres pour la nuit en cabane dans nos sacs. C’est certain, nous ne mourrons pas de faim ce soir avec la fondue prévue. Depuis le col, nous entamons l’ascension sur la route forestière à gauche qui mène vers le Pla de Sept Cases. À notre arrivée sur le plateau, la neige est bien plus présente, ce qui nous oblige à chausser les raquettes afin de ne pas trop nous enfoncer, surtout avec nos gros sacs pour la nuit. 

Le tour du pic Geral sur les traces des animaux de la forêt 

Après avoir déposé nos affaires à la cabane pastorale, nous continuons notre chemin en direction du pic Geral. La météo en ce début du mois de février est plutôt capricieuse, des averses de neige se succèdent entrecoupées d’éclaircies. Comme un négatif photo, les traces d’animaux nous révèle leurs présences invisibles : des lièvres, des renards, des sangliers … Nous contournons le pic Geral, dont nous ne ferons pas l’ascension, préférant aller voir les anciennes bornes royales du côté du col de la Gardie. 

Les bornes de Lys, vestiges de la protection des forêts au moyen-âge en Ariège 

À l’époque du moyen-âge se trouvaient dans la vallée de nombreuses forges qui tournaient au charbon. Afin de produire ce charbon de bois, les travailleurs coupaient les arbres des belles forêts ariégeoises. Cependant, l’impact négatif sur la faune et la flore conduit le roi à délimiter une partie de la forêt, par le sceau royal, pour la protéger. Autour du roc du Scaramus, on peut observer certaines bornes de Lys encore bien préservées. Heureusement mon guide savait exactement où les trouver, car cela peut vite devenir une chasse au trésor lorsqu’on ne connaît pas la région. 

Veillée dans une cabane pastorale avec la fondue ariègeoise 

Après notre petit tour du pic Geral, nous avons décidé de nous réserver l’ascension du roc du Scaramus pour le lendemain au lever du soleil, la météo devant s’améliorer dans la nuit. 

La cabane pastorale nous attendait pour la soirée. Avant toute chose, nous avons dû aller chercher du bois pour alimenter le feu qui nous permettait de maintenir une température correcte alors que dehors, les degrés dégringolaient. Nous avons ensuite préparé un petit apéro avec des bières locales puis la fondue au fromage local, bien appréciée après une journée de marche dans la neige. Alors que la soirée touchait à sa fin, je suis sortie pour voir si la météo s’améliorait comme prévue et je suis tombée sous une pluie d’étoiles, ce qui était prometteur pour le lever de soleil 🌟

Ciel étoilé ©Wildroad – Ariège Pyrénées

Un lever de soleil magique au roc du Scaramus 

Après avoir passé une nuit bien au chaud, le réveil a sonné à 4h30 pour être à temps au sommet du roc du Scaramus afin d’admirer le lever de soleil sur les Pyrénées ariégeoises. Nous avons chaussé nos raquettes et sommes partis avec le petit-déjeuner dans nos sacs. À la lumière de nos frontales, nous pouvions apercevoir des traces fraîches de renards. J’avais l’impression que nous étions sur leur territoire.

Ciel étoilé au Roc de Scaramus ©Wildroad
Ciel étoilé au Roc de Scaramus ©Wildroad – Ariège Pyrénées

À la moitié de l’ascension, nous avons éteint nos frontales, car la lumière montante du jour nous permettait de voir assez clair. Le soleil a commencé à pointer le bout de son nez, éclairant d’un rouge éclatant les sommets les plus hauts en premier, comme celui du mont Valier. 

Puis le pic Fourcat et ses alentours, ont pris des airs de paysages polaires, renforcés par le vent qui venait nous déstabiliser et mordre notre peau. 

Nous étions seuls sur le roc du Scaramus, face à cette beauté brute des cimes enneigées. Puis nous avons dû prendre la route du retour pour revenir à la civilisation. Une silhouette frêle et furtive s’est esquissée au loin. Enfin nous avons vu un isard fuyant les premiers humains de la journée. Plus le soleil était haut dans le ciel, plus nous croisions de randonneurs. Notre petite parenthèse sauvage s’est finie là où elle avait commencé, au col de Marmare. 

Si vous souhaitez faire cette micro-aventure autour du roc du Scaramus, n’hésitez pas à contacter le bureau des guides à Ax-les-Thermes. Les accompagnateurs proposent des circuits de randonnée adaptés à votre niveau. 

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Wildroad

Je parcours régulièrement le globe à la recherche d’endroits méconnus. Pour réaliser des photos spectaculaires, je n’hésite pas à marcher de longues heures. Ma manière de voyager : une voiture, une tente et des bonnes chaussures de marche. Vous l’avez compris les vacances farnientes très peu pour moi !

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